Festival F’A’A 2026
Filmer l’Art et l’Architecture
4e édition – Gratuit
9, 10 & 11 octobre 2026
Atomic Cinéma, Aubigny-sur-Nère
Centre-Val de Loire
La chance de voir un film sur l’art et l’architecture
Pour sa quatrième édition, le Festival F’A’A – festival de cinéma sur l’art et sur l’architecture – poursuit son engagement pour une médiation de l’art par le cinéma. Un programme sans limite de période, qui explore l’histoire de l’art à travers la création cinématographique, et qui fait du cinéma non pas un simple miroir de l’art, mais un instrument de connaissance à part entière. Dans le cadre du bicentenaire de la photographie, F’A’A programme deux films offrant un regard singulier sur la photographie contemporaine.
Du vendredi 9 au dimanche 11 octobre 2026, réalisateurs, artistes, historiens de l’art, curateurs et chercheurs proposent sept séances pour parcourir les formes et les récits de l’art. Du regard malicieux de Martin Parr sur la société britannique à la performance filmée de François Righi, du voyage des images de Hayao Miyazaki aux métiers à tisser d’Aubusson, des tribulations dans Tokyo d’un jeune artiste aux prises avec le marché de l’art à la méditation d’Alexandre Sokourov sur le Louvre sous l’Occupation : les œuvres, les époques et les points de vue se répondent. Chaque séance est suivie d’une rencontre avec celles et ceux qui font les œuvres.





I Am Martin Parr, Lee Shulman, 2024
Tokyo-Aubusson, le voyage en tapisserie de Hayao Miyazaki, Sonia Moumen, 2025
Maru (まる), Naoko Ogigami, 2024
Francofonia, Alexandre Sokourov, 2015
Devenir celle que je voudrais être, Klára Tasovská, 2024
Vendredi
9 octobre
SÉANCES SCOLAIRES Invités : François Righi, artiste plasticien, Sophie Capazza, cofondatrice de la Galerie Capazza et Julie Raffestin, médiatrice culturelle de la Ville d’Aubigny-sur-Nère. | |
| SÉANCE D’OUVERTURE Portrait du photographe britannique Martin Parr. |
Samedi
10 octobre
| AVANT-PREMIÈRE Invités : François Righi, artiste plasticien ; Bérengère Casanova, réalisatrice (sous réserve) ; Laura Capazza-Durand et Denis Durand, directeurs de la Galerie Capazza. |
| INTERLUDE Concert présenté par Guillaume Pénicaut, musicologue et administrateur de F’A’A. |
14h30 | Tokyo-Aubusson, le voyage en tapisserie de Hayao Miyazaki Coécrit par Sonia Moumen et Richard Coconnier. Produit par Richard Coconnier (Le Nouveau Studio / Prismédia). |
16h30 | Le rond et le vide Invités : François Righi, Jean-Yves Charpin et Christophe Maizou. |
20h | Maru まる Le cercle des apparences Séance présentée par Dimitri Ianni, chercheur en cinéma contemporain japonais. |
22h30 | AFTER F’A’A |
Dimanche
11 octobre
10h15 | Devenir celle que je voudrais être Séance présentée par Carine Bienfait. Invité : Michel Baudson. |
12h30 | ENTRACTE F’A’A |
14h30 | Francofonia Séance présentée par Didier Naud. Invitée : Olivia Voisin (sous réserve). |








Atomic Cinéma
23 rue du Prieuré
18700 Aubigny-sur-Nère
Centre-Val de Loire
En train depuis Paris‑Bercy (1h30) ➔ Gien + Navette SNCF (45min)
Les liaisons étant peu nombreuses, pensez à anticiper votre voyage et à vérifier les correspondances.
En voiture depuis Paris (2h15) ➔ A6 puis A77, sortie Gien.
En avion de tourisme ➔ Aérodrome d’Aubigny-sur-Nère
À pied ou en vélo ➔ GR3 et La Loire à vélo (EuroVélo 6)
Notices des films
Un film de Bérengère Casanova consacré à François Righi. Séances réservées aux scolaires. Invités : François Righi, artiste plasticien, Sophie Capazza, cofondatrice de la Galerie Capazza et Julie Raffestin, médiatrice culturelle de la Ville d’Aubigny-sur-Nère.
Fondée en 1975 à Nançay par Sophie et Gérard Capazza, dans un ensemble patrimonial du XVIIe siècle au cœur de la Sologne, la Galerie Capazza est devenue en cinquante ans l’une des grandes galeries privées françaises. On y découvre, dans un dialogue permanent entre les disciplines, peinture, sculpture, verre, céramique, orfèvrerie et photographie.
François Righi y est accompagné depuis près de cinquante ans. Cette fidélité dit deux choses à la fois : la constance d’une œuvre, construite à Ivoy-le-Pré loin des circuits parisiens, et la manière d’une galerie qui choisit ses artistes pour une vie entière plutôt que pour une saison. C’est cette leçon-là, autant que le travail du plasticien, que les séances scolaires proposent aux collégiens : voir comment une œuvre et un lieu se construisent ensemble, dans la durée.
François Righi, artiste plasticien — invité d’honneur — Né à Lyon en 1946, formé aux Beaux-Arts de Lyon puis à l’École des arts appliqués de Paris et dans l’atelier du graveur Pierre Guastalla, François Righi fut d’abord danseur professionnel avant de revenir aux arts plastiques en 1970. Installé depuis à Ivoy-le-Pré, aux confins de la Sologne et du Berry, il a conçu plus d’une centaine de livres dont il est tour à tour le concepteur, le graveur, souvent l’auteur et l’imprimeur - à exemplaire unique ou à tirage très limité, sur des papiers précieux et selon des techniques artisanales. Faire du livre une œuvre plutôt qu’un support : cette obstination, tenue à l’écart des circuits parisiens, lui vaut d’être présent dans les collections des grandes bibliothèques, en France et dans le monde. Il est accompagné par la Galerie Capazza depuis près de cinquante ans.
Bérengère Casanova, réalisatrice — Réalisatrice de documentaires consacrés à l’art, aux artistes et aux cultures du monde, elle a signé « Le Voyage de Léon l’Africain » et « Merci pour la photo », portrait du photographe malien Malick Sidibé réalisé dans le cadre d’Afrique en créations, ainsi que la série « Maroc : Voyages d’Orient ». Sa manière tient en peu de chose, et c’est ce qui la distingue : filmer l’atelier plutôt que l’exposition, laisser l’artiste travailler plutôt que le faire commenter son œuvre. D’où des films qui fonctionnent remarquablement auprès des jeunes publics, à qui ils montrent moins un résultat qu’une pratique.
Sophie Capazza, cofondatrice de la Galerie Capazza — Avec son mari Gérard, elle fonde en 1975 à Nançay, dans un ensemble patrimonial du XVIIe siècle, une galerie que rien ne destinait à devenir une référence nationale : ni sa taille, ni son isolement solognot. Cinquante ans plus tard, la Galerie Capazza doit sa place à l’exigence d’une sélection tenue dans la durée et à la conviction qu’une galerie est d’abord un lieu de découverte, de rencontre et de transmission.
Laura Capazza-Durand et Denis Durand, directeurs de la Galerie Capazza — Directeurs de la Galerie Capazza à Nançay, institution majeure de la scène artistique contemporaine installée au cœur de la Sologne, ils perpétuent et développent depuis 2015 la vision engagée de ce lieu historique fondé en 1975. Ils y défendent la création contemporaine à travers un dialogue constant entre les disciplines : peinture, sculpture, verre, céramique, orfèvrerie et photographie.
Lee Shulman, 2024, documentaire, 68 min. Portrait du photographe britannique Martin Parr. Invité : Lee Shulman, réalisateur.
Depuis les années 1970, Martin Parr tend à la société britannique un miroir tour à tour tendre, cruel et toujours ludique : la file d’attente, l’assiette de frites, la plage bondée d’un dimanche de juillet. Lee Shulman le suit sur les lieux qu’il photographiait quarante ans plus tôt, dans un film qui n’est pas une rétrospective mais une enquête sur la mémoire d’un pays et sur la manière dont une image change de sens en vieillissant. Ses sujets, ses cadrages et ses couleurs saturées ont transformé la photographie contemporaine, et posent d’emblée la question qui traverse le festival : à quel moment le banal devient-il une œuvre ?
Lee Shulman, réalisateur — Né à Londres en 1973, installé à Paris, diplômé en cinéma et photographie de l’université de Westminster. Il fonde en 2017 The Anonymous Project après l’acquisition d’une première boîte de diapositives Kodachrome anonymes : il rassemble, restaure et remonte depuis ces images d’amateurs en récits qui explorent la mémoire, la famille et les mutations sociales du dernier demi-siècle. Ses collaborations, notamment avec le photographe sénégalais Omar Victor Diop, réécrivent par l’image l’histoire d’une Amérique ségréguée. Son travail a été exposé à la Biennale de Venise, aux Rencontres d’Arles et à Fotografiska, et figure dans les collections du Getty Museum et de Photo Elysée. Collectionneur d’images ordinaires filmant le photographe de l’ordinaire : « I Am Martin Parr », son premier long métrage documentaire, est autant un portrait qu’un autoportrait indirect.
Martin Parr, photographe — Né en 1952 dans le Surrey, membre de l’agence Magnum Photos, dont il a assuré la présidence, Martin Parr est l’un des photographes les plus influents et les plus discutés de sa génération. Depuis « The Last Resort », série tournée à New Brighton au milieu des années 1980, il documente avec une couleur agressive et un humour acide les loisirs, les nourritures et les codes sociaux du monde occidental. Longtemps accusé de se moquer des classes populaires, il est aujourd’hui reconnu pour avoir constitué, sans jamais quitter le registre du quotidien, l’une des archives les plus fidèles de la Grande-Bretagne contemporaine. Il a créé à Bristol une fondation dédiée à la photographie documentaire britannique.
Un film de Bérengère Casanova, 2026, 52 min (à confirmer). Invités : François Righi, Bérengère Casanova (sous réserve), Laura Capazza-Durand et Denis Durand.
En avant-première, le portrait d’un artiste que le festival met à l’honneur. Bérengère Casanova entre dans l’atelier d’Ivoy-le-Pré, là où la gravure, le dessin, la typographie et la reliure se rejoignent pour faire du livre non pas un objet imprimé, mais une œuvre à part entière – souvent à exemplaire unique, sur des papiers choisis, selon des techniques que l’artiste maîtrise de bout en bout. Le film suit les mains, les outils et les papiers plutôt que les vitrines, et donne à voir cinquante années de recherche d’un plasticien dont les livres sont aujourd’hui conservés par les grandes bibliothèques, en France et dans le monde.
François Righi, artiste plasticien — invité d’honneur — Né à Lyon en 1946, formé aux Beaux-Arts de Lyon puis à l’École des arts appliqués de Paris et dans l’atelier du graveur Pierre Guastalla, François Righi fut d’abord danseur professionnel avant de revenir aux arts plastiques en 1970. Installé depuis à Ivoy-le-Pré, aux confins de la Sologne et du Berry, il a conçu plus d’une centaine de livres dont il est tour à tour le concepteur, le graveur, souvent l’auteur et l’imprimeur - à exemplaire unique ou à tirage très limité, sur des papiers précieux et selon des techniques artisanales. Faire du livre une œuvre plutôt qu’un support : cette obstination, tenue à l’écart des circuits parisiens, lui vaut d’être présent dans les collections des grandes bibliothèques, en France et dans le monde. Il est accompagné par la Galerie Capazza depuis près de cinquante ans.
Jean-Yves Charpin, trésorier de F’A’A — Directeur de la photographie et réalisateur, Jean-Yves Charpin est diplômé de l’École nationale supérieure Louis-Lumière. Il a notamment contribué à la création et à la réalisation de Capital sur M6, collaboré à Lundi investigation pour Canal+, et travaillé sur de nombreux documentaires pour la télévision et le cinéma, dont « Mon maître d’école » d’Émilie Thérond. Passionné d’écologie, il est l’un des piliers du magazine Gaïa sur France 5. Il développe une pratique de l’image attentive aux artistes, aux gestes et aux territoires – celle-là même qui est à l’œuvre dans « Le Rond et le Vide », tourné au plus près de François Righi.
Christophe Maizou, réalisateur et chef opérateur — Depuis plus de quarante ans, Christophe Maizou évolue au croisement du cinéma documentaire, du reportage et de la télévision. Réalisateur et directeur de la photographie, il privilégie une approche humaine, attentive aux personnes, aux regards et à la vérité des situations. Il a travaillé pour France Télévisions, Arte, TF1 et Canal+ sur des sujets liés à l’histoire, à la politique, à la culture et aux grandes questions de société. Son regard associe exigence documentaire, maîtrise de l’image et recherche constante de justesse. Son travail a été présenté et récompensé dans plusieurs festivals, dont le FIGRA et le Festival international du film d’histoire de Pessac.
Concert de Franck Ciup, pianiste et compositeur, devant la Galerie François Ier. Entrée libre. Présenté par Guillaume Pénicaut, musicologue et administrateur de F’A’A.
À la fin du marché, le festival sort de la salle et vient à la rencontre des Albiniens : un piano saltimbanque sur une place, un répertoire qui fait dialoguer musique et cinéma !
Franck Ciup, pianiste et compositeur — Diplômé de l’École normale de musique de Paris, pianiste, compositeur et fondateur du Théâtre Saint-Bonnet à Bourges, où il reçoit les plus grands pianistes de la scène internationale. Il imagine des spectacles mêlant musique, littérature et cinéma, et sort volontiers de la salle de concert : son piano saltimbanque, installé sur une place de marché à la fin des étals, dit assez sa conviction que la musique n’a rien à perdre à aller au-devant de ceux qui ne se croient pas concernés.
Sonia Moumen, France, 2025, documentaire, 52 min. Coécrit par Sonia Moumen et Richard Coconnier. Produit par Richard Coconnier (Le Nouveau Studio / Prismédia). Invités : Sonia Moumen et Richard Coconnier.
Le récit sensible et poétique du tissage monumental, à Aubusson, de cinq tapisseries inspirées de l’œuvre de Hayao Miyazaki. Une image d’animation naît du dessin et de la lumière : elle est faite de temps et n’existe qu’en mouvement. Une tapisserie d’Aubusson naît d’un carton et d’un métier de basse lice : elle est faite de laine et n’existe qu’immobile. Le film capte ce passage d’un art à l’autre, et avec lui l’étrange condition du licier, qui tisse à l’envers une image qu’il ne verra qu’une fois l’ouvrage terminé.
Le film vient d’être présenté au Japon par l’Institut français, à l’occasion de l’exposition des tapisseries monumentales à Tokyo.
Sonia Moumen, réalisatrice et coautrice de Tokyo-Aubusson — Autrice, journaliste et réalisatrice, Sonia Moumen développe un travail documentaire axé sur la culture, les savoir-faire et l’histoire de l’art. Dans « Tokyo-Aubusson, le voyage en tapisserie de Hayao Miyazaki », elle capte la rencontre entre la tradition séculaire de la tapisserie creusoise et l’univers imaginaire du maître de l’animation japonaise - un travail de longue durée, seul capable de faire du tissage un récit plutôt qu’un décor.
Richard Coconnier, coauteur et producteur de Tokyo-Aubusson — Producteur (Le Nouveau Studio) et auteur, Richard Coconnier s’attache à mettre en lumière des récits culturels et artistiques ambitieux. Il a coécrit et produit « Tokyo-Aubusson », accompagnant la fabrication monumentale de cette série de tapisseries et sa diffusion internationale.
Hayao Miyazaki — Cofondateur du Studio Ghibli, il est le cinéaste d’animation japonais le plus célébré de son temps. Ours d’or à Berlin puis Oscar du meilleur film d’animation pour Le Voyage de Chihiro, de nouveau oscarisé pour Le Garçon et le Héron, il défend un cinéma dessiné à la main, patient et hostile aux facilités de l’automatisation.
Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson — Installée dans la Creuse, elle conserve, étudie et fait vivre un savoir-faire tissé depuis le XVe siècle, inscrit par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, et commande régulièrement des tentures contemporaines à des créateurs venus d’autres disciplines.
Jean-Yves Charpin, avec Christophe Maizou, 2026, documentaire-performance, 15 min. Production Mary-Anne de La Palme. Invités : François Righi, Jean-Yves Charpin et Christophe Maizou.
Captation d’un artiste au cœur même de sa création. La caméra accompagne François Righi tandis qu’il trace une forme : elle saisit le geste, la matière, les hésitations, le silence. Moment d’intimité autant que de spiritualité, le film ne commente pas et n’explique pas - il enregistre une durée, celle qu’il faut à une main pour décider d’une forme juste. Le rond que le corps trace d’un seul mouvement, le vide qu’il enferme et qui lui donne son sens.
François Righi, artiste plasticien — invité d’honneur — Né à Lyon en 1946, formé aux Beaux-Arts de Lyon puis à l’École des arts appliqués de Paris et dans l’atelier du graveur Pierre Guastalla, François Righi fut d’abord danseur professionnel avant de revenir aux arts plastiques en 1970. Installé depuis à Ivoy-le-Pré, aux confins de la Sologne et du Berry, il a conçu plus d’une centaine de livres dont il est tour à tour le concepteur, le graveur, souvent l’auteur et l’imprimeur - à exemplaire unique ou à tirage très limité, sur des papiers précieux et selon des techniques artisanales. Faire du livre une œuvre plutôt qu’un support : cette obstination, tenue à l’écart des circuits parisiens, lui vaut d’être présent dans les collections des grandes bibliothèques, en France et dans le monde. Il est accompagné par la Galerie Capazza depuis près de cinquante ans.
Jean-Yves Charpin, trésorier de F’A’A — Directeur de la photographie et réalisateur, Jean-Yves Charpin est diplômé de l’École nationale supérieure Louis-Lumière. Il a notamment contribué à la création et à la réalisation de Capital sur M6, collaboré à Lundi investigation pour Canal+, et travaillé sur de nombreux documentaires pour la télévision et le cinéma, dont « Mon maître d’école » d’Émilie Thérond. Passionné d’écologie, il est l’un des piliers du magazine Gaïa sur France 5. Il développe une pratique de l’image attentive aux artistes, aux gestes et aux territoires – celle-là même qui est à l’œuvre dans « Le Rond et le Vide », tourné au plus près de François Righi.
Christophe Maizou, réalisateur et chef opérateur — Cosignataire du « Rond et le Vide », il partage avec Jean-Yves Charpin une pratique de l’image documentaire tournée vers le geste et le temps du travail.
Naoko Ogigami, Japon, 2024, comédie, 117 min, VOST. En partenariat avec Kinotayo. Invité : Dimitri Ianni. Sous réserve : Françoise Moréchand et Tatsuji Nagataki.
Une satire pleine d’humour du monde de l’art contemporain, de ses codes, de ses curateurs, de son marché et de la société des apparences. Sawada, jeune diplômé des beaux-arts sans succès, assiste un créateur renommé jusqu’à l’accident qui le blesse au bras et lui coûte son emploi. Chez lui, l’observation d’une fourmi le conduit à tracer un cercle, bientôt obsédant et envahissant : la reconnaissance viendra, mais par la porte du hasard, de la rumeur et des réseaux.
Programmé le soir même du jour où le festival aura montré François Righi traçant une forme circulaire, le film fait entendre l’écho le plus troublant de cette édition : un même geste élémentaire, d’un atelier du Berry à un appartement de Tokyo, et deux manières opposées d’en décider la valeur.
Naoko Ogigami, réalisatrice et scénariste — Née en 1972, formée au cinéma aux États-Unis, elle s’est imposée avec des comédies sensibles et décalées - de « Kamome Diner » à « Close-Knit », présenté à la Berlinale, où elle a été distinguée - dont le sujet réel est presque toujours le même : la façon dont des existences en marge trouvent leur place sans rien céder de ce qu’elles sont. Récompensée du prix de la meilleure réalisation par les Japan Film Critics Awards, elle pratique un humour qui n’humilie jamais ses personnages, ce qui rend sa satire du marché de l’art d’autant plus efficace : ce n’est pas l’artiste raté qu’elle moque, c’est le système qui décide de sa valeur.
Dimitri Lanni — Chercheur indépendant, spécialiste du cinéma japonais contemporain, Dimitri Lanni est également critique cinéma et programmateur, responsable du comité de sélection du Festival du cinéma japonais contemporain Kinotayo et co-organisateur du festival de documentaire Fenêtres sur le Japon.
Françoise Moréchand, écrivaine et conférencière — Arrivée au Japon en 1958, écrivaine, conférencière et personnalité de la télévision japonaise, elle est devenue au fil des décennies l’une des figures les plus identifiables du dialogue franco-japonais - au point d’avoir contribué, par sa seule présence à l’écran, à façonner l’image que le Japon d’après-guerre se faisait de la France.
Tatsuji Nagataki, écrivain et traducteur — Époux de Françoise Moréchand, il a fait passer en japonais des œuvres de la littérature et de la chanson françaises, de François Villon à Serge Gainsbourg. Traduire la chanson, langue qui tient autant au rythme qu’au sens, revient à poser la question même de la séance Tokyo-Aubusson : que reste-t-il d’une œuvre quand elle change de matière ?
Klára Tasovská, République tchèque / Slovaquie / Autriche, 2024, documentaire, 90 min, VOST. Interdit aux moins de 14 ans. Séance présentée par Carine Bienfait. Invité : Michel Baudson.
Un portrait captivant de la photographe pragoise Libuše Jarcovjáková, souvent comparée à Nan Goldin. Façonné à partir de trois mille clichés bruts et de ses journaux intimes, le documentaire retrace sa quête de liberté sous le Rideau de fer, la vie underground queer de Prague, ses passages par Tokyo et Berlin, jusqu’à la révélation tardive de son œuvre aux Rencontres d’Arles et à Berlin.
Le film est construit sans une seule image tournée pour lui : ce sont les photographies elles-mêmes qui, projetées en succession rapide, produisent le mouvement et le récit. Le procédé n’est pas un effet de style. Il fait de la question du festival – que devient une œuvre quand elle change de forme ? – la matière même du montage, et donne à voir comment une vie entière tenue en marge de l’histoire officielle finit par en devenir l’archive la plus fidèle.
Klára Tasovská, réalisatrice — Née en 1980 à Třebíč, en Tchécoslovaquie, elle a étudié au département des nouveaux médias de l’Académie des beaux-arts de Prague puis au département documentaire de la FAMU. Elle a coréalisé avec Lukáš Kokeš l’essai « Midnight » (2010), le long métrage « Fortress » (2012) et « Nothing Like Before », présenté en compétition à l’IDFA en 2017. « Devenir celle que je voudrais être » a été présenté en première mondiale à la Berlinale 2024, dans la section Panorama, et a été distingué dans de nombreux festivals internationaux.
Libuše Jarcovjáková, photographe — Née à Prague en 1952, elle a photographié pendant des décennies, sans reconnaissance et souvent sans espoir d’exposer, la vie nocturne et underground de Prague, les clubs queer, le travail d’usine et sa propre intimité. Redécouverte tardivement, son œuvre est aujourd’hui considérée comme l’une des plus fortes de la photographie européenne de la seconde moitié du XXe siècle.
Carine Bienfait, directrice de JAP – Jeunesse et Arts Plastiques, Bruxelles — Engagée dans la diffusion et la transmission de l’art contemporain à Bruxelles, elle dirige JAP, où elle développe notamment des actions destinées aux jeunes publics. Son travail repose sur une idée simple et exigeante : le film n’est pas un support pédagogique d’appoint mais un outil pour apprendre à regarder, capable de rendre lisible ce qu’un cartel de musée laisse muet.
Michel Baudson, critique d’art et commissaire d’expositions — Il vit et travaille à Bruxelles, où il a fondé JAP - Jeunesse et Arts Plastiques en 1975. Il a exercé au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles et au musée du Jeu de Paume à Paris, avant de diriger l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, dont il est directeur honoraire ; il est également président honoraire de l’Association belge des critiques d’art. Commissaire d’expositions et auteur de nombreux catalogues, il a accompagné des générations d’artistes contemporains et défend de longue date l’idée que l’image en mouvement a toute sa place dans la transmission de l’art.
Alexandre Sokourov, 2015, 88 min, VOST. Invités : Didier Naud ; Emmanuelle Polack (sous réserve) ; Olivia Voisin (sous réserve).
Paris, 1940. Jacques Jaujard, directeur des Musées nationaux, et le comte Franz Wolff-Metternich, officier allemand chargé de la protection des œuvres d’art en France, nouent une alliance improbable pour préserver les collections du Louvre. Sokourov ne se contente pas de raconter cet épisode : il y mêle des archives, sa propre voix, des apparitions spectrales – Marianne et Napoléon errant dans les salles vides – et le récit parallèle d’un cargo chargé d’œuvres pris dans la tempête.
Ce montage hybride, entre documentaire, fiction et essai filmé, fait du cinéma un instrument de pensée. Il pose la question qui referme le festival : que reste-t-il d’une civilisation quand on en a mis les chefs-d’œuvre à l’abri, et à quel prix ? La rencontre qui suit prolongera le débat du côté des œuvres spoliées et de leur restitution, sujet que le film n’élude pas.
Alexandre Sokourov, réalisateur — Né en 1951, formé à Gorki puis au VGIK de Moscou, longtemps censuré dans son pays, il est l’un des cinéastes majeurs de son temps. On lui doit « Mère et fils », une série d’élégies documentaires, une tétralogie consacrée aux figures du pouvoir – dont « Faust », Lion d’or à Venise en 2011 – et « L’Arche russe », traversée du musée de l’Ermitage tournée en un unique plan-séquence. Son cinéma associe une matière visuelle très travaillée à une réflexion constante sur l’histoire, le pouvoir et la mémoire.
Didier Naud, philosophe — Docteur d’État en épistémologie, chercheur et spécialiste du cinéma, installé à Orléans, en Centre-Val de Loire. Ancien chercheur associé au CNRS et enseignant en philosophie, il a consacré ses travaux à la rationalité, aux rapports entre philosophie et politique, au marxisme, au stalinisme et à la pensée des dissidents soviétiques, publiant notamment dans Les Temps modernes et Raison présente. Son parcours l’a également conduit à travailler sur la complexité et les rapports entre pensée, décision et action collective – autant de questions que soulève l’essai filmé de Sokourov.
Emmanuelle Polack, historienne de l’art — Docteure en histoire de l’art, elle est l’une des meilleures spécialistes du marché de l’art sous l’Occupation et de la provenance des œuvres spoliées pendant la Seconde Guerre mondiale. Chargée par le musée du Louvre d’examiner les œuvres entrées dans les collections entre 1933 et 1945, elle a fait de la recherche de provenance autre chose qu’une discipline d’archivistes : une manière de rappeler qu’un tableau accroché est aussi une transaction, parfois une contrainte, et que l’histoire d’une collection ne se lit pas seulement dans ses chefs-d’œuvre.
Olivia Voisin, directrice des musées d’Orléans — Conservatrice du patrimoine et historienne de l’art, ancienne élève de l’École du Louvre et de l’Institut national du patrimoine, docteure en histoire de l’art, elle dirige les musées d’Orléans depuis 2015. Elle y a engagé une vaste campagne de recherche des quatre cent vingt-quatre tableaux disparus lors du pillage des collections orléanaises, en 1940 : une enquête au long cours qui associe le public à la traque des œuvres et fait de la restitution une mission vivante du musée.
Hébergements
Logis Hôtel Auberge la Fontaine
2 avenue du Général Leclerc,
18700 Aubigny-sur-Nère
Réservation : +33 2 48 58 02 59
Tarif festivaliers 70 € / nuit
Restaurants
à proximité de l’Atomic Cinéma
Pour assurer un repas rapide entre les séances, les restaurateurs recommandent une réservation pour un service à 12h et à 19h. Préciser que vous participez au Festival F’A’A.
Le Cutty Sark (Pub / Brasserie)
29 Rue du Prieuré, 18700 Aubigny‑sur‑Nère
+33 2 48 81 03 96
L’Entrepot’es (Brasserie / Bistrot)
1 Rue des Dames, 18700 Aubigny‑sur‑Nère
+33 2 48 58 86 30
Le Monä (Pizzeria / Italien)
13 Rue des Dames, 18700 Aubigny‑sur‑Nère
+33 6 52 86 20 90
Le Bien Aller (Bistronomie)
3 Rue des Dames, 18700 Aubigny‑sur‑Nère
+33 2 48 58 03 92
Contacts
Équipe F’A’A
Productrice, Mary-Anne de La Palme a produit de nombreux documentaires et reportages pour la télévision ainsi que des courts métrages de cinéma, plusieurs fois primés : Comme un frère, de Pascal Laethier, et Départ immédiat, de Thomas Briat, distingué par le prix spécial du Festival de Clermont-Ferrand et le grand prix du Festival de Cabourg, ont été sélectionnés dans de nombreux festivals internationaux. Elle a créé et dirigé Les Films du Grillon puis MAB Production, deux structures où elle a défendu une production de création, attentive aux premières œuvres et aux formes courtes.Elle s’est intéressée très tôt aux nouveaux formats audiovisuels et a créé la première télévision sur les mobiles, à une époque où l’idée même de regarder un film sur un écran de poche relevait du pari. Elle est également coautrice, avec Samra Bonvoisin, de L’Aventure du premier film (éditions Bernard Barrault). Elle dirige aujourd’hui l’association F’A’A et son festival, consacré aux relations entre cinéma, art et architecture.
Directeur de la photographie et réalisateur, Jean-Yves Charpin est diplômé de l’École nationale supérieure Louis-Lumière. Il a notamment contribué à la création et à la réalisation de Capital sur M6, collaboré à Lundi investigation pour Canal+, et travaillé sur de nombreux documentaires pour la télévision et le cinéma, dont Mon maître d’école d’Émilie Thérond. Passionné d’écologie, il est l’un des piliers du magazine Gaïa sur France 5. Il développe une pratique de l’image attentive aux artistes, aux gestes et aux territoires -– celle-là même qui est à l’œuvre dans Le Rond et le Vide, tourné au plus près de François Righi.
Roch Deniau vit et travaille à Paris. Il fonde son studio en 2006 et se spécialise dans la conception d’identités visuelles. Il réalise des systèmes graphiques, affiches, livres, brochures, dessins de caractères, sites internet, et décline sa pratique à la vidéo, à la signalétique et au mobilier. Il opère dans les champs de l’imprimé, du digital et du volume. Il envisage le design comme un langage, et crée les conditions de la rencontre entre une intention et sa forme. Il collabore étroitement avec ses clients, issus du monde de l’art, de la culture et de la mode, pour élaborer des objets graphiques uniques.
Andréa Martin-Negri a consacré une grande partie de son parcours professionnel au secteur culturel en Dordogne, notamment au sein de l’Agence culturelle départementale, où elle a travaillé pendant près de quinze ans. Spécialiste du spectacle vivant et de la transmission de la culture et des arts auprès des populations en milieu rural, elle est particulièrement attachée aux enjeux de médiation culturelle et à l’accès de tous à la création artistique.
Grand reporter aux Échos, Anne Bauer est spécialiste des questions de défense, d’aéronautique et d’espace. Elle a notamment été responsable du bureau de Bruxelles des Échos, où elle a suivi les grandes affaires européennes et internationales. Elle a également couvert les questions environnementales et présidé l’Association des journalistes de l’environnement. Elle est vice-présidente de l’Association des journalistes professionnels de l’aéronautique et de l’espace (AJPAE).
Spécialiste de la communication, Juliette Karpa a notamment travaillé à la Fondation Chirac, puis pour l’Agence universitaire de la Francophonie au Cambodge, à Phnom Penh. Elle a ensuite été responsable du marketing et de la communication d’Aviation Sans Frontières et a créé à Paris Les Établis, une structure à vocation solidaire. Aujourd’hui installée à Tours, elle développe différentes activités dans les domaines de la communication, de la culture et de l’engagement associatif.
Spécialiste de la communication institutionnelle et numérique, Cécilia Verdy a été chargée de communication d’Aviation Sans Frontières, puis a rejoint les équipes de communication du ministère de la Défense, avant d’intégrer le ministère de l’Économie et des Finances à Bercy, où elle est aujourd’hui responsable de la communication digitale.
Directeur de la Fondation Crédit Agricole, Guillaume Pénicaut est par ailleurs musicologue et chercheur. Il a publié en août 2025, aux éditions Gradus ad Parnassum, Des tropes antiques aux tropes médiévaux – Tome I : Théorie et notation musicales dans l’Antiquité. L’ouvrage retrace les fondamentaux de la théorie musicale grecque antique et de sa notation, tout en présentant les avancées récentes de la recherche sur les systèmes musicaux de l’intéresse notamment aux tropes, aux tables d’Alypius, aux rapports entre musique et mathématiques et aux travaux de Leonhard Euler sur les gammes et les tempéraments.
Pôle culture et animation
Ville d’Aubigny-sur-Nère
Élu de la Ville d’Aubigny-sur-Nère, il participe notamment à la définition et à la mise en œuvre de la politique culturelle de la ville.
Diplômée de l’École du Louvre en histoire de l’art, spécialiste du patrimoine et de l’histoire de l’architecture. Elle a notamment travaillé au château de La Bussière et consacré ses recherches au patrimoine architectural médiéval. Elle dirige aujourd’hui le Pôle Culture et Animation de la Ville d’Aubigny-sur-Nère.
Responsable de la programmation, il contribue activement à faire de l’Atomic Cinéma un véritable lieu de vie culturelle. Il défend une programmation exigeante et diversifiée, avec notamment des films en version originale sous-titrée, des œuvres anciennes restaurées et des séances accompagnées de musique ou de rencontres.
Médiatrice culturelle de la Ville d’Aubigny-sur-Nère, elle intervient notamment dans les actions de médiation et d’éducation artistique et culturelle auprès des différents publics du territoire. Elle accompagne les séances scolaires du festival.
Partenaires
Partenaires officiels
Ville d’Aubigny-sur-Nère
Direction régionale des affaires culturelles – Préfet de la Région Centre‑Val de Loire
Conseil départemental du Cher
Région Centre-Val de Loire – Nouvelles Renaissances
Communauté de Communes Sauldre et Sologne
Berry Province
Tourisme et territoires du Cher
Partenaires artistiques
Galerie Capazza
Association A.R.T.
Musée du Louvre
Partenaires projets
Château de Moison
Sablés de Nancay
Pascal Clavier, Producteur de pomme
Emmanuelle Loze, Traiteur
Domaine Guillerault-Fargette
Domaine Adèle Rouzé
Domaine Chavet
Logis Hôtel La Fontaine
Le Festival F’A’A – Filmer l’Art et l’Architecture – est produit par l’Association F’A’A, c/o Mairie d’Aubigny‑sur‑Nère, 5 place de la Résistance 18700 Aubigny‑sur‑Nère
Musique originale générique Max-Louis Raugel
Design graphique Roch Deniau
Musique originale générique Max-Louis Raugel
Design graphique Roch Deniau